ca n'arrive qu'à moi

A propos

Re-étudiant mais en administration publique, pompier volontaire et futur maître du monde à temps partiel, il m'arrive souvent plein de trucs, des trucs qui n'arrivent qu'à moi.

D'où le titre (faut suivre)...

De: 74140 YVOIRE
 

J'apprécie...

Artistes: Yann Tiersen (et plein d'autres)
Chansons: Comptine d'un autre été: l'après-midi (et plein d'autres)
Livres: Belle du Seigneur, East of Eden, Grapes of Wrath, The Killer Angels, Vip? au Poing, Outsiders (et plein d'autres)
Auteurs: Cohen, Steinbeck, Maupassant (et plein d'autres...)
Sports: Pompiers



A propos de moi...

quand j'étais jeune...:
J'?is moins moi

quand je serai grand(e)...:
J'serai toujours aussi gland (j'voulais ?e pr?deeeeeent)

je crois...:
que j'aime ?ire

j'aime...:
ma vie

vous me reconnaîtrez...:
si vous me connaissez



Blog

Voyage au bout du Plat Pays

Quand ca veut pas, ca veut pas.

 

Ca faisait longtemps que je n’avais pas écrit ici, peut-être parce que mes petites loses quotidiennes se sont un peu estompées, ou parce que je les remarque moins. Cette semaine, j’ai fait très fort.

 

Depuis la dernière fois, j’ai trouvé un boulot, un truc où on est chef et où on a des responsabilités, des gens en-dessous nous et des voyages à faire. Comme tout bon chef qui arrive, j’ai réorganisé, déplacé, modifié, avec tableaux excel et powerpoint à l’appui, pour montrer que je savais mieux que les autres, ré-inventer la roue. Pour le moment, j’ai eu pas mal de succès, la crise étant venu m’aider à faire passer quelques idées.

 

Je vais assez régulièrement en Allemagne, dans l’une de nos filiales, pour essayer de coller les morceaux méthodiquement cassés par mes collègues teutons sur différents dossiers. Evidemment, en tant que Manager, j’ai la panoplie qui va avec, c’est à dire le portable, la carte de crédit, et l’air pressé. J’ai pas le blackberry et fais en sorte de ne pas l’avoir, histoire de pouvoir garder un tant soi peu de vie privée, si tant est qu’on puisse encore en avoir. Mais je me plains pas, le job est chouette, et je m’éclate bien d’une manière générale.

 

Devant me rendre du côté de Dusseldorf, depuis Genève, je choisi pour des raisons de cost saving – comprenez d’économies – un vol Genève – Bruxelles, puis louai une voiture pour faire Bruxelles – Dusseldorf, soit en gros 2h15 de trajet. Assez miraculeusement, easyjet était à l’heure, ce qui fait que je suis arrivé pas trop tard à Bruxelles, mais suffisamment néanmoins pour avoir faim. Et quand j’ai faim, je deviens pénible. Je voyageais avec l’un de mes collègues (il bosse pour moi mais je n’arrive toujours pas à utiliser le mot employé...), piou-piou de 22 ans, sorte de mini-moi, que je tente d’apprivoiser aux méthodes du Credit & Collection.

 

Tous les loueurs de voiture se situent dans le hall d’arrivée de l’aéroport de Zaventeem, sauf bien entendu Budget, qui s’est délocalisé au Novotel du coin. Devinez chez quel loueur j’avais fait ma réservation... Une navette est donc mise à disposition des clients pour les emmener, celle-ci passe toutes les 20 minutes, et il y a de la place pour 8 personnes, comme l’indique aimablement le panneau d’information. Il nous reste 12 minutes à attendre, parfait.

 

35 minutes plus, une camionnette débarque, tandis que s’est amoncelé le nombre de candidats au voyage. La bave aux dents, tout le monde réalise que certains devront faire les frais et attendre le prochain tour. En l’espace d’un instant, c’est Koh Lantah, mais finalement, nous arrivons à nous jeter dans ladit camionnette. Evidemement, mon petit creux de tout à l’heure s’est transformé en trou noir, et je vis relativement mal de voir notre chauffeur s’accorder une pause cigarette/discussion/glandage. Finalement, après un trajet de facilement 4,5 minutes, nous arrivons au Novotel.

 

Piou-Piou propose d’aller prendre la voiture tout de suite. En bonne tête pensante, je lui réponds : ‘ah ouais, et on va la garer où après ? Mangeons d’abord, on la prendre ensuite et on prend la route directement’. Il m’a donné la réponse que j’attendais, soit ‘ah ouais, j’y avais pas pensé’.

 

Nous entrons donc dans le Novotel pour nous sustenter, sommes accueillis par une brigade de serveurs qui nous place et... nous propose de l’alcool. Non, merci, un coca, je dois conduire. Piou-Piou, gêné, renonce à sa bière belge pour m’imiter, je m’esclaffe intérieurement. Le serveur revient nous voir, son délicieux accent au bord des lèvres.

 

‘S’il vous plaît, vous avez commandé quoi à boire ?’

 

‘Un coca’

 

‘Ah d’accord’

 

Il repart, avant de faire demi tour et de me demander : ‘c’est bien deux cocas n’est-ce pas ?’

 

‘ouiiii....’

 

Notre serveur interpelle le gars Jean-Michel, autre serveur, pour lui demander de nous amener deux cocas. Jean-Michel, se doutant que notre long voyage nous avait fortement assoiffé, lui réponds : ‘un litre ?’, ce à quoi notre serveur répond ‘ah ben je sais pas’, le tout fleurant bon la wallonie.

 

Nan ben amenez-nous un seau avec deux pailles, ce sera beaucoup plus simple. ‘Non un normal svp...’

 

Il nous amène donc deux cocas à 0.2dl, soit à peine de quoi rincer le pain sec qui était en travers de ma gorge. Peu importe. Vient le moment de la commande.

 

‘Je prendrais une salade tomate mozzarella en entrée, et un burger en plat principal’ (notez le côté diététique de la chose).

 

‘Ah oui mais ca Monsieur c’est pas possible, parce que la salade de tomates elle est consistante’

 

‘Oui ben faites moi une petite salade de tomate mozz’

 

‘Oui mais ca va faire trop, parce que voyez-vous, elle est très consistante’

 

‘...d’où ma suggestion de la faire plus petite’

 

‘Mais vous voulez pas une salade de crudités à place ? Une petite ?’

 

‘Nan... laissez tomber’.

 

Une fois l’immonde burger, et les lasagnes sordides de Piou-Piou passés, vient le moment tant attendu de l’addition, remis dans une petite assiette, et accompagné du traditionnel ‘s’il vous plaît’. Je lui donne la Visa de la boîte, et il revient précisant que le petit bout de plastique a été poliment rejeté par sa machine. ‘Chier ca commence bien’. Il réessaye, ca remerde. Evidemment.

 

Je paie donc avec ma carte perso, ce que j’adore par-dessus tout. Nous partons en direction du préfabriqué Budget, histoire de récupérer notre Smart de compétition, ou tout autre véhicule du même type. Ces derniers temps j’ai pris l’habitude d’avoir un peu de puissance sous le pied, puisque j’ai cédé la Sainte Polo pour la Très Sainte Scirocco, machine de guerre de 200 poneys sous le capot. Je ne me réjouissais donc qu’assez peu de l’immanquable Skoda diesel qu’on nous refile à chaque fois, qui réclame qu’on passe un rapport supérieur. Toutes ces considérations se sont fracassées sur la porte fermée du préfabriqué, sur laquelle les horaires d’ouverture précisaient justement que d’ouverture, il n’y en avait point après 21.00... soit à peu près à l’instant où Piou-Piou me proposait d’aller chercher la voiture. Rhâââ. 10 coups de fil plus tard, j’arrive à avoir une réservation chez Hertz, qui se trouve... dans le hall de l’aéroport.

 

Après un harcèlement rapide mais efficace du chauffeur de la navette pour nous emmener, nous retrouvons le comptoir Hertz, tenu par un jeune homme à la mèche folle et moucheté de boutons d’acné. Il était à peu près aussi vif qu’une tortue au galop, ce qui ne pouvait qu’ajouter à la bonne humeur qui suivait cet excellent repas.

 

‘C’est toi qui m’a appelé pour la voiture tout à l’heure ?’

 

Ah bon.. on se tutoie ?

 

J’hérite finalement de la dernière voiture dispo, une Mercedes Classe A diesel. J’ai failli n’hériter de rien d’ailleurs puisque mes cartes de crédit fondaient les unes après les autres. Finalement, nous arrivons au parking, il est 23h00, et il n’y a plus que 2h20 de route. J’installe le GPS, j’installe mes bagages, j’installe Piou-Piou,  et je démarre la voiture, qui n’a rien à envier à un tracteur question sonorité. Le premier challenge sera ensuite de passer la marche arrière, qui, de manière très logique, ne se situe pas comme indiqué sur le petit dessin du pommeau de vitesse. Au bout de 3 minutes de tentatives infructueuses ,je suis à deux doigts de demader à Piou-Piou de pousser la bagnole pour qu’on puisse enfin sortir de ce parking de merde. Finalement, je vais chercher un type au comptoir, qui en ricanant s’installe au volant, tire le levier vers le haut, le pousse à gauche, et le tire en arrière. Soit à l’opposé du dessin. Lorsqu’il sort de la voiture, toujours en ricanant, je me retiens de le coincer sous la roue avant d’entamer la fameuse marche arrière.

 

Nous commencons par nous perdre dans le dédale de bretelles d’autoroutes qui encerclent Zaventeem, bien aidés par la signalisation routière qui – sans doute oeuvre incomprise pour les non belges – se situe après les intersections. C’est à dire qu’en gros on passe l’intersection, et ensuite ils mettent le panneau pour dire ‘ah, c’était là...’. Même le GPS ne s’y retrouvait plus. Finalement, après avoir poussé un peu le tracteur au-delà de la limite, nous arrivons à l’hôtel, aux alentours d’une heure du matin. Dans le hall de l’hôtel, alors que je rampais paisiblement vers l’ascenceur pour aller effondrer ma carcasse dans le lit, je suis interpellé par deux têtes grisonnantes, collègues allemands et anglais de ma fière entreprise.

 

‘Patrick ? On pensait que tu arrivais seulement demain matin. Assieds-toi prendre un verre, tu dois être crevé...’

 

Justement, en parlant de ca... Networking oblige, je m’assieds avec Piou-Piou et nous conversons jusqu’à 2h00 du mat, avant d’aller finalement se coucher. J’apprendrai au cours de la conversation que les radars belges sont particulièrement traîtres, parce qu’ils ne flashent pas... Super.

 

 La journée du lendemain n’est qu’une longue procession de réunions et autres meetings, qui m’amèneront vers 16h00 à reprendre la route en direction de Bruxelles, pour le même périple, mais dans le sens inverse. Entre deux ma carte de crédit remarchera, Piou-Piou sera surexcité en croisant le circuit de kart Michael Schumacher, et le panneau indiquant le circuit de Spa-Francorchamp. Je me vois dans l’obligation de le décevoir les deux fois, en déclinant son invitation à m’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence pour qu’il puisse photographier ces précieux trophées à l’aide de son portable.

 

Finalement nous rendons la voiture, et nous dirigeons vers la douane, où comme d’habitude, je fais ralentir la queue. Ma malette avec mon ordinateur passent sans problèmes, mais c’est mon sac qui retient leur attention. Après un premier passage aux rayons X, la blonde (!) qui scrute l’écran le fait repasser une seconde fois. Puis une troisième. Heureusement que je n’étais pas en retard pour mon vol. Finalement, une dame, la cinquantaine, les cheveux courts et les dents en avant s’amène vers moi, le sac à la main.

 

‘S’il vous plaît Monsieur, c’est votre sac ?’

 

‘Oui...’

 

‘Voudriez-vous l’ouvrir ?’

 

‘Pas de problème’

 

C’est donc à mains nues qu’elle plonge dans mes chaussettes sales. Elle en ressort le cordon d’alimentation de mon téléphone sur l’allume-cigare, le support de GPS avec sa ventouse, et mon déodorant. Elle amène sa collecte à la blonde scrutratrice d’écan et revient vers moi.

 

‘Elle se souvient plus si c’est ca, on va le repasser’

 

No comment. Après un 4ème passage, le sac m’est rendu avec une brève explication. Le chargeur ressemblait à un détonateur pour mon déodorant Mennen qui aurait pu être un pain de plastique...

 

‘Je vous souhaite un bon vol Monsieur’.

 

Il était très agréable. Je me suis endormi avant de décoller et me suis réveillé peu avant l’atterrissage. Avant d’attendre 20min le bus pour aller récupérer ma voiture, déposer Piou-Piou chez sa maman et aller dormir... à la caserne.

 

 

Humeur : go to sleep you little baby...

 

 

 

 

3 Commentaires 20.3.09 15:15, Commenter

On est là pour ca

Lundi dernier, un train percutait un car scolaire se rendant dans le village d'Yvoire. Sept enfants sont morts dans le drame. Ca s'est passé tout près de chez nous, sur le secteur d'intervention de la caserne dont je dépends. Je crois que jamais une info ne m'a autant bouleversée. Quand un drame tel que celui-là arrive, on ressent de la tristesse, on est désolé et généralement en colère. Cette fois c'est passablement différent, parce que c'est arrivé tout près de chez nous. Non pas que la vie des enfants du coin vale plus cher que la vie d'enfants d'autres régions, mais ce sont les gens d'ici, que l'on connaît, qui sont touchés. Ce sont des amis qui souffrent, parfois de la famille.


Je me suis bien évidemment rendu disponible au cas où, n'étant pas de garde à ce moment. J'espérais sincèrement ne pas être appelé, je ne l'ai pas été. Aussi étrange que cela puisse paraître, on est toujours contrariés de manquer une 'grosse inter' comme on dit, parce qu'on aime ce qu'on fait. Pas cette fois. Ce week-end, j'étais de garde, et j'ai rencontré plusieurs des intervenants, les yeux rougis par une semaine de larmes et de manque de sommeil. On pense toujours aux victimes et aux familles, ce qui est on ne peut plus naturel. On pense rarement aux intervenants. Présents sur toutes les images à la télévision, on ne les voit pas. On ne voit que ce car déchiqueté, ou la locomotive déformée par le choc. On ne pense pas à ceux qui sont allés s'occuper des victimes et sortir les petits corps du bus.


Ce sont pourtant des gens comme tout le monde, des pères ou des mères de famille pour la plupart. Nous sommes formés, et bien entraînés, mais on ne peut jamais se préparer à ca. Pendant deux jours, j'ai eu l'occasion de parler avec plusieurs de mes amis pompiers qui sont intervenus sur l'accident, et qui m'ont raconté l'horreur absolue de cette intervention. Le simple fait d'en parler faisait ressortir les larmes, une boule dans la gorge. On se sent triste, juste profondément triste, terne. Pourtant avec une force incroyable, j'ai vu ces mêmes gens donner le change devant des personnes extérieures à la caserne, ne rien montrer, par pudeur. On se sent coupable d'avoir mal alors même que ce n'est rien comparé à ce qui est arrivé aux familles.


On m'a souvent demandé si on s'habituait à côtoyer la mort quand on est pompiers. Je pense qu'on apprend à la gérer et mieux cacher ses émotions. Mais je crois qu'elle révolte toujours autant. Peu importent les interventions finalement, c'est un sentiment d'injustice et d'impuissance qu'on ressent. Plusieurs de mes amis m'ont avoué avoir craqué pendant la semaine, en plein travail ou chez eux. Ce debriefing collectif ne peut se faire qu'avec des gens ayant vécu des situations qui s'apparentent à ce qui s'est passé, parce qu'on sait. On sait ce que ca fait, on sait que ca ne sort pas de la tête et que ca nous réveille la nuit. Bien sûr on ne le dit pas, parce que ce serait sans doute écorner l'image d'Epinal qu'ont les pompiers. Pourtant tout le monde est à fleur de peau, les uns ont besoin de parler, les autres ont besoin de savoir. Un prof m'avait expliqué un jour que quand dix personnes différentes décrivent la même scène à laquelle ils ont assisté à une personne qui n'y était pas, cette dernière aura l'impression d'avoir été sur lieux et d'avoir vécu tout ca. Je crois que je me retrouve un peu dans cette situation. Les images des reportages et les récits de mes amis forment une histoire. Je suis triste avec eux, et je suis triste pour eux, pour les familles, pour les enfants.


Malgré tout, le quotidien prend le dessus, les interventions s'enchaînent malgré tout. Je suis admiratif de ces hommes et de ces femmes qui laissent de côté ce mal-être pour retourner au boulot. Ce week-end nous sommes intervenus auprès d'une vielle dame qui était tombée, nous sommes allés sur un accident de la route, nous sommes partis pour une personne prise de malaise, avons éteint l'incendie d'une maison et porté secours à quelqu'un qui tentait de se suicider. Jamais je n'ai vu aucun de mes collègues vaciller. A chaque fois, aux chaleureux remerciements des victimes on a répondu 'on est là pour ca'.


Et c'est vrai. Même si c'est dur parfois.

Humeur: sorrow


PS: la soeur d'une des petties victimes a écrit un blog où elle raconte le jour de l'accident et ceux qui suivent. Il est déchirant. Je vous déconseille de lire ca au bureau ou en public. Mais c'est un hymne et hommage magnifique.

3 Commentaires 9.6.08 10:58, Commenter

Conseiller municipal


Mardi 16h45. Avec Christiane Olivier, une camarade, nous nous présentons à la Salle des pas perdus. Quelques fauteuils, les penderies, une table avec les formulaires à signer au début de chaque séance. Je suis un peu tendu, un peu ému et tout le monde me rassure. Elle a déjà été conseillère municipale à plusieurs reprises, nous allons prêter serment ensemble. Elle me chaperonnera pendant toute la cérémonie, m’explique le fonctionnement, me présente aux huissiers. Je suis entre de bonnes mains.

 

J’entre pour la première fois dans la salle du Conseil municipal, pour aller poser mes affaires sur ma table, avant de ressortir. Rapide coup d’œil autour de moi, c’est étonnant comme la perspective change, à la fois depuis la vue qu’on en a à la télévision, et depuis la tribune des spectateurs où je me suis rendu plusieurs fois. Globalement, la salle me paraît beaucoup plus petite.

 

Une fleur et un petit mot de la cheffe de groupe me souhaitent la bienvenue, l’attention me touche. Je ressors dans la Salle des pas perdus en attendant que le président arrive au 3ème point de l’ordre du jour. Je repère quelques têtes connues, je m’avance pour discuter. On me charrie sur mon costume, on bavarde un peu. La sonnerie retentit pour signaler le début de la séance dans quelques instants. Tout le monde s’en va, les retardataires se pressent pour signer le registre des présences. Des haut-parleurs retransmettent dans la Salle des pas perdus les débats du Conseil.

 

D’abord les communications du Conseil administratif, puis la lecture de la lettre de démission de David Metzger, que Christiane Olivier remplace. Puis le président demande à l’huissier de bien vouloir nous faire entrer, et à la salle de se lever. C’est sans doute à ce moment que je ressens la plus grande émotion, au moment de pénétrer dans la salle. Un petit coup d’œil vers la tribune pour remarquer que mon amie est là, accompagnée de quelques uns de nos amis. Je pense à mes parents, en vacances à l’autre bout du monde. Aussi banal que cela puisse paraître, c’est un peu un rêve de gosse qui se réalise… à 27 ans.

 

Le moment est solennel, je garde un bras dans le dos pour éviter de me raidir comme lors des nombreux garde-à-vous que nous connaissons chez les pompiers. Christiane dira ‘je le jure’ et je dirai ‘je le promets’, la salle applaudit, nous voilà donc Conseillers municipaux. Je salue les magistrat-e-s, de droite à gauche, finissant par Manuel Tornare et Sandrine Salerno, qui me fait remarquer que la poche de mon costume est à moitié rentrée. ‘Pas grave, c’est pas retransmis’. Bien sûr que si me dit-elle en souriant…

 

Je rejoins donc ma place, temporairement entre Martine Sumi et Jean-Louis Fazio, après avoir discrètement salué mes amis dans la tribune. Ces premières minutes sont un peu spéciales, il faut prendre ses marques, arriver à déballer toutes ses affaires sur de minuscules pupitres. Une interruption de séance me permettra d’aller saluer mes camarades, de visiter un peu la salle et les pièces alentours. L’ordre du jour s’enchaînera ensuite jusqu’à 19h00, où toute la fraction ira manger ensemble dans un restaurant en Vieille Ville.

 

J’ai beau n’avoir encore rien fait, j’adore déjà.

 

Les deux séances du mardi et du lundi suivantes ont été fructueuses, j’ai pu apprécier à quel point il est difficile de se concentrer au milieu d’un brouhaha quasi constant. De nombreux documents circulent, les gens s’apostrophent à travers la salle, les votes s’enchaînent. Sur certains sujets, de vrais débats opposant deux visions différentes de la société font ressortir le fossé qui peut séparer la droite et la gauche. D’autres sont beaucoup plus consensuels. Quoi qu’il en soit, même lorsque tout le monde est d’accord, tous les groupes parlent au moins une fois, parfois plus et même quelques fois de manière surprenante. C’est ainsi que j’ai entendu le libéral Alexis Barbey nous expliquer, au terme d’un tour de parole déjà très nourri, sur un sujet où tout le monde était d’accord, quelque chose du genre : ‘ma préopinante libérale a déjà tout dit, mais je vais résumer…’

 

Je suis également intervenu, beaucoup plus tôt que je ne le pensais. Le lundi soir, ma cheffe de groupe, Nicole Valiquer, me suggère d’intervenir sur une motion du groupe PDC concernant l’heure de ramassage des poubelles. Euh… je sais pas… Je griffonne rapidement quelques phrases sur un bout de papier que je lui fais lire. J’appuie sur le bouton pour demander la parole.

 

‘Je passe la parole à M. Baud-Lavigne pour le groupe socialiste’. La lumière rouge de mon micro s’allume, j’ai les mains moites, je me lève et je récite mon petit texte, pas très à l’aise, souvent ponctué de ‘euh’… J’ai mis une petite touche d’humour, qui fait rigoler certains conseillers municipaux, et je me rassois. Quelques Verts m’applaudissent tout doucement en me faisant un signe d’encouragement auquel je réponds d’un sourire. Mes camarades me rassurent, c’était très bien. En tout cas pas trop mal pour une première fois.

 

Je me souviendrai que ma première intervention au municipal concernait les poubelles, tout comme je me souviens de ma première intervention de pompier il y a 8 ans de cela, quand j’étais allé porter secours… à un cygne blessé par un chien.

 

J’ai apprécié l’accueil qui m’a été réservé évidemment par mon groupe, mais aussi par tous les autres, de gauche comme de droite. J’ai discuté aussi bien avec un UDC qui pensait que nous sommes de la même famille (ben non…, qu’avec un collègue libéral blogueur, qu’un ami d’une amie PDC ou des représentantes d’A gauche toute, qui m’ont surnommé Albert de Monaco en raison d’une ressemblance physique qu’elles trouvaient frappante. Pourquoi pas…

 

Finalement je vois bien le lien qui nous unit dans cet hémicycle, peu importe le côté où l’on est assis. Une passion commune qui nous conduira sans doute à nous écharper gaiment de nombreuses fois au cours des trois ans et demi qui restent de législature, pour mon plus grand bonheur !

 

Bande-son: The Do - On my shoulders

1 Commentaire 27.1.08 23:27, Commenter

Le prêtage de serment

Une éternité et deux heures. Voilà à peu de choses près le temps que je ne suis pas venu faire un tour ici. Bonne année au fait, je suis encore dans les temps.

 

Depuis ma dernière note, j’ai arrêté de travailler, je suis parti une semaine en vacances avec… Pavel à Madrid, visiter les boîtes de.. musées. Pour aller visiter les musées. J’ai commencé mon mémoire, j’ai pris du retard dans mon mémoire, j’ai été de garde à Noël, étonnamment, et pour bien finir 2007 et entamer 2008, j’étais… sur les toilettes avec une vilaine gastro.

 

Très glamour, je vous recommande. Spéciale dédicace à mon amoureuse qui est restée près de moi pendant que je me vidais méthodiquement. J’ai fait un super repas, que j’ai même pas pu toucher. A la place, j’ai bu un bouillon de poule. Ou de bœuf. De toute facon on s’en fout, j’ai raté un super tournedos tendre comme du beurre.

 

La vraie info de ce début 2008, c’est les élections fédérales de 2007. Si, si. Un de mes collègues du Conseil municipal ayant été élu au niveau national, il part, et c’est donc à moi de prendre sa place dans l’ordre de la liste des viennent-ensuite.

 

Je vais donc prêter serment après-demain, en direct live sur Léman Bleu, la chaine locale. Et là, j’ai peur. J’ai peur de trébucher sur l’huissier, d’avoir déchiré mon costume juste avant d’entrer ou de blesser quelqu’un par inadvertance, de bégayer au moment de dire « je le promets » ou pire, de me gourrer en votant.

 

Ca va pas être facile. Je pense pas que je pourrai compter sur le soutien de ma chérie et de mes amis, parce qu’ils seront vraisemblablement dans la tribune réservée au public en train de se foutre de moi.

 

Ca me rappelle la naturalisation de ma chère daube. Il a prêté serment là où moi je vais prêter serment mardi, et en sortant, au moment où le représentant du gouvernement genevois l’attend à la sortie en lui tendant la main, il lui a mis un gros vent et s’est dirigé directement vers moi en sortant une grosse connerie en prime. Avant de faire marche arrière pour lui serrer la louche, déjà tout confus.

 

5 minutes d’helvétisme, et une bourde gouvernementale. Il est imbattable. Il part au Panama pour 6 mois dans deux semaines, l’incident diplomatique n’est plus très loin…

 

D’ici que je repasse par ici, les feuilles auront sûrement repoussé, la neige fondue et les jupes seront de mise. Que cela ne vous empêche pas de bien vous porter !

 

Humeur : je le promjure. Et merde.

3 Commentaires 13.1.08 20:06, Commenter

422 jours

Ce n'est pas il y a 422 jours que j'ai pondu ma dernière note ici. Ce n'est pas non plus la durée du plus long bisou du monde ou le nombre de jours qu'a passé le vainqueur de Koh Lantah sur une ile. 422 c'est le nombre de jours qui ont séparé mon dernier pétage de genou de... la reprise de ma garde aux pompiers. Je n'avais jamais arrêté si longtemps, malgré plusieurs tentatives bien involontaires dues - déjà - à mon genou.

 

Je pensais qu'en arrêtant si longtemps, ca me passerait. En perdant le rythme un peu effréné des gardes, je me suis dit que j'allais pouvoir me consacrer à d'autres choses et que du coup ca se ferait tout seul. Je me suis engagé un peu plus en avant avec ma chérie (rien de formel, y'a pas eu de bague, du moins pas pour ca, doucement mesdames) et j'ai pris des responsabilités en politique. Et puis à chaque visite que je faisais à la caserne, le même pincement, la même envie de remonter dans ces satanés camions. Moins mon genou allait mal, plus l'envie de remettre l'uniforme me piquait au vif. Mais le temps n'est pas extensible, malheureusement.

 

J'ai la chance d'avoir une demoiselle formidable à mes côtés, qui m'a poussé à reprendre quand la question s'est sérieusement posée, quand le médecin m'a dit que je pouvais y aller et que j'en mourrais d'envie. Ce qui implique qu'on se voit exactement 25 minutes par jour, douche comprise, entre 7h35 heure à laquelle je rentre de la caserne et 8h00, heure à laquelle je pars bosser. Pas facile, surtout pour elle, qui est toute seule le soir. Même si je suis à peu près sûr que des milliers de femmes rêveraient d'avoir une semaine tranquille à la maison sans leur mec à côté de temps à autres!

 

J'avais sans doute mal évalué à quel point ce monde faisait partie de moi et à quel point il est difficile de le lâcher. Les amis et les victimes, l'attente et les interventions, le stress de la garde, les repas en groupe et les corvées, les petits lits et les gros ronflements, les rires et les pleurs, les drames et les joies, les échecs et les devoirs accomplis, tout ce qui fait qu'on se sent un maillon de l'immense chaîne des secours.

 

Vendredi soir j'avais un peu de mal à contenir mon émotion, le simple fait de se remettre "disponible" sur l'ordinateur qui gère les départs, c'était déjà quelque chose. Même si j'avais disparu de la bécane, qu'il a fallu me recréer alors qu'on l'avait fait il y a deux semaines et que vraiment "là-haut" (là-haut, c'est le CODIS, la centrale) c'est vraiment des manches.

 

C'était vraiment touchant de croiser tout le monde à nouveau et de refaire partie de la famille, de ne plus avoir à reparler du "tu reprends quand?". Le plus beau compliment qu'on m'a fait c'est sans doute quand on m'a dit "ca fait plaisir de te revoir en tenue". Et moi donc! D'ailleurs ladite tenue, j'ai bien failli ne pas la remettre, pour la bonne et simple raison que mon année de quasi inactivité sportive m'a fait gagner une taille de pantalon. De là à partir en caleçon en inter, il n'yavait qu'un pas.

 

Mais bien sûr, tout ne peut pas se passer normalement. Je suis ce qu'on appelle un chat blanc, ou un loup blanc, c'est selon. Par opposition au chat noir, le chat blanc de garde fait qu'il ne se passe rien. A tendance rien du tout. De samedi soir à dimanche midi, il n'y a donc pas eu d'intervention. Suffisamment rare pour le souligner, on m'a rendu responsable!

 

La première nuit dans mon petit lit de caserne a été agité. Plus l'habitude. Quelque part au milieu de la nuit, je me tourne vers ma chérie, laquelle dort paisiblement à 25km de là, et je m'explose le crâne contre le mur. Aïïïïïïëuuuuh!. Gni ca fait mal. Je me rendors et quand je me lève, j'ai mal au crâne. Je suis même étonné de ne pas avoir un majestueux bleu sur mon auguste front.

 

Dimanche dans la journée, l'ambulance part, suivie peu après par une deuxième urgence. Je me trouve dans le camion en route pour cette deuxième intervenion, le palpitant à 140. Ca va vite, ca fait pinpon, c'est ca dont j'avais besoin. L'intervention se passe bien... jusqu'au relevage/brancardage. Une fois la victime sur le brancard alors que nous sommes encore tous penchés sur elle, nous nous retirons en général les uns après les autres. Sauf que le collègue juste devant moi décide de partir un peu plus tôt que prévu, et se dégage du brancard comme on descend d'une moto, en faisant un grand balancier avec la jambe gauche. C'est à ce moment - relativement inopportun - que le talon de sa botte rencontre mon pif.

 

'Oups scuze'

 

'F'est pas grave, fa réveille'. (sa raaaaaaaaaaaaaace)

 

36 chandelles plus tard, je vérifie que mon nez n'est pas pété. Non... heureusement. Sans quoi c'eut été le retour de blessure le plus court de l'histoire je pense. Un bon mal de crâne persistera encore quelques heures et c'est avec un sac de glaçons sur le groin que je fêterai ma première intervention en 2007.

 

Un an a passé... rien a changé!

 

 

 

Humeur: Back to the firehouse!!

28 Commentaires 12.9.07 15:11, Commenter

On m'a volé mes notes...

Ca faisait un petit moment que je n'étais pas venu ici. Pas par manque d'intérêt, mais plus par manque de temps. Il m'arrive encore quelques trucs, mais j'ai plus vraiment le temps de les raconter. Ou quand j'ai un peu de temps, j'ai pas envie de le faire. Ou alors j'ai envie de parler de politique, et c'est pas ici que je le fais. A 5 jours du 3ème anniversaire de ce blog, c'est cruel.

 

C'est avec un certain étonnement qu'on m'a appris qu'une bonne partie de mes notes avaient... disparues. Ben oui, tout d'un coup la dernière note date de novembre 2006. Alors je vous rassure, je n'ai pas entamé un effacage systématique de mon blog, c'est peut-être juste un bug. Ou alors un hacker bien intentionné de l'UMP qui a giclé toutes mes diatribes à propos de Sarko, puisque c'est ce qui manque (enfin, ca dépend à qui...).

 

Il faudra que je fasse une sauvegarde de ce qui reste un de ces quatre. C'est toujours amusant quand on cherche un truc ou l'autre dans google, de voir un lien renvoyer sur une ancienne note et de relire ce qu'ai écrit. Ca fait un chouette album, ce d'autant plus que je ne me souviens pas toujours de tout, eut égard à mon grand âge...

 

Ca devient assez terrible. Avec mes nouvelles responsabilités viennent de nouvelles réunions, choses à faire, emails à répondre vite, etc. Je me suis toujours ouvertement moqué de ma daube préférée pour son manque de mémoire chronique (rappelons qu'il a oublié de s'inscrire à ses examens à l'uni, et qu'il me l'avait reproché ensuite) et l'achat de son pocket pc qui lui permettait d'avoir un cerveau de rechange, si tant est qu'il gardait un minimum de batterie, sans quoi il effaçait tout...

 

Après avoir loupé une ou deux réunions et manqué de renvoyer certains documents, je me suis moi-même résolu à investir dans ce pense-bête électronique, qui fait GPS en prime, histoire que si je suis en retard, ce qui est une constance chez moi, j'aie la possibilité de trouver mon chemin plus rapidement. Le côté face, c'est qu'en étant connecté par email et joignable en permanence, on ne déconnecte jamais. A tel point que ma chérie m'a engueulé systématiquement quand j'ai touché mon téléphone pendant nos vacances. Et grâce à elle, aux moules frites et aux brasseries normandes, j'ai déconnecté.

 

C'est pour ca que perdu au fin fond de la Normandie, dans la bocage, dans une vieille maison, on était bien. Une petite semaine sur le thème du Débarquement, à dormir 12h par nuit et papoter au coin du feu avec la tante de ma chérie le soir. Juste ce qu'il me fallait. J'ai apprécié pour la première fois de conduire avec un GPS dont la voix féminine avait un petit accent de Neuilly. 'Tournez à droite très cher, veuillez ensuite, s'il vous sied, maintenir la gauche de la chaussée'. Je me suis aperçu qu'on fait plus du tout attention aux repères visuels en se laissant guider par ce truc, ce d'autant plus que la fiabilité est parfois douteuse. Résultat des courses, on passe 24 fois au même endroit guidé par la bébête, et quand la chose n'a plus de batterie et qu'on le fait à la boussole, on reconnait rien.

 

En parlant de fiabilité, sur une voie rapide, à 110km/h, la petite voix (baptisée Loana par le papa de ma chérie) nous dit 'tournez à gauche', ce qui implique tout de même de sauter la berne centrale, couper un ou deux arbres, être à contresens et finir dans le talus en face. Le tout avec une voiture qui n'est pas la mienne. J'ai préféré jouer la prudence et attendre une sortie.

 

J'ai beaucoup aimé la Normandie, les gens acceuillants, les paysages magnifiques, le soleil (rigolez, j'ai pris un coup de soleil à Omaha beach), la nourriture et tous les sites du Débarquement. Je me suis même baigné, pas longtemps, mes petits muscles ayant tendance à tétaniser dans une eau n'ayant rien à envier à la banquise.

 

Notre retour en Helvetie a été ponctué d'un Paléo de fort belle facture. Enfin surtout pour moi, étant donné que ma chérie, victime non consentante de la cuisine maternelle, fut victime d'une gastro foudroyante. Et on a beau s'aimer et vivre ensemble et tout et tout, chacun connaît les symptômes qu'une gastro engendre. Et dans ces moments là, on préfère être seul. Parce que même si on a plus rien à prouver, c'est moyennement glamour de rester scotché aux toilettes 22 heures sur 24 avec quelqu'un derrière la porte pour vous demander si on est sûr que ca va...

 

Les vacances ne sont pas terminées pour autant puisque nous allons aux 60 ans de mariage des grands-parents de ma douce dans peu de temps, dans le sud. Je les ai d'ailleurs formellement rencontrés à l'occasion d'un mariage d'un de ses nombreux cousins. La rencontre fut... une offensive diplomatique de haut vol ponctuée par une invitation officielle à leur 60 ans de mariage, ce qui, deux heures plus tôt, n'était vraiment pas gagné tant j'étais parti de bas dans les sondages.

 

Sa grand-mère m'a d'ailleurs fait éminemment sourire lorsque je l'ai félicitée pour ses 60 ans de mariage à venir.

 

'Je vous souhaite la même chose, m'a t-elle répondu. Mais attention, les années avant le mariage, ca compte pas!'

 

Message reçu...

 

Tous les cousins m'ont dit de ne pas m'en faire et m'ont super bien acceuilli. En me signifiant toutefois que si je jouais au con avec leur cousine, ils feraient une virée à Genève. Parce qu'ils l'aiment beaucoup, leur cousine.

 

Message reçu...

 

Je vais apprendre à manier les sous-entendus..

 

Septembre sera ponctué d'un week-end à Bruxelles et octobre d'une semaine en amoureux... avec Pavel, pour une destination qui reste à confirmer, mais qui devra avoir dans son cahier des charges un prix moyen pour la bière tendant vers pas cher.

 

Sur un malentendu, je vous recroiserai peut-être en ces lieux d'ici là!!

 

 

 

Humeur: Au voleur!!!!!

 

 

5 Commentaires 6.8.07 16:56, Commenter

Concerts

En l’espace d’une semaine je suis allé voir Placebo à l’Arena puis l’orchestre symphonique genevois au Bâtiment des Forces Motrices. Inutile de dire que l’ambiance y est un peu différente et le prix également.

 

 

Paradoxalement ce dernier est bien plus élevé pour aller voir un concert de rock que pour aller voir de la musique classique. Le double même. La bande à Brian demande 56 francs pour aller voir 1h30 de concert debout dans la salle la plus moche de l’histoire de la création tandis que j’ai déboursé seulement 25 francs pour aller voir un orchestre symphonique assis dans un fauteuil dans l’un des plus beaux endroits où j’ai écouté un concert.

 

 

Décidément les stéréotypes tombent !

 

 

Le Bâtiment des Forces Motrices est une ancienne usine qui utilisait la force du Rhône pour réguler le niveau du lac et alimenter Genève en eau potable (http://www.bfm.ch/bfmfrancais.html) et qui a été reconverti en salle de spectacle au milieu du fleuve.

 

 

Bon évidemment, on ne va pas à un concert de Placebo pour les mêmes raisons qu’on va écouter la 4ème symphonie de Schumann.

 

 

En allant voir Placebo, je m’étais dit qu’ils seraient peut-être un peu plus communicatifs qu’au Paléo. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Hormis quelques mots pour dire ‘C’est la première fois que nous jouons cette chanson en Suisse’. Reste néanmoins qu’en entamant le concert par un Infra-red à pas piquer des vers ni des hannetons et qu’il eut deux trois enchaînements sympathiques.

 

 

Mais ils sont devenus un peu trop populaires et n’ont pas su rester proches de leur public. J’ai vu pas mal de concerts, et en règle générale les artistes essaient d’entrer le plus possible d’interagir avec l’audience et j’avoue que ca me frustre un petit peu quand au final on a l’impression que le concert était plus ou moins la réplique de l’album, en un peu plus fort et avec un peu plus de monde.

 

 

Du coup, l’ambiance du concert s’en ressent également puisque les gens ne sautent pas forcément partout, passent plus de temps à filmer avec leur appareil photo qu’à chanter, et d’une manière générale, passaient un bon moment sans que ce soit l’extase (à l’inverse de ce qu’il peut se produire avec Noir Désir, Yann Tiersen, Bénabar, Manu Chao et j’en passe).

 

 

Cependant, question ambiance c’est vrai que dans un concert de musique classique, faut pas s’attendre à voir les gens péter les sièges non plus. J’y suis allé après avoir fait la connaissance de la copine d’un copain d’une copine. Comme souvent, le networking est important… Elle fait partie des 1ers violons de l’orchestre, ce qui suppose qu’il  y en ait des deuxièmes, voire des seconds s’il n’y en a pas de troisièmes !

 

 

Bref, au cours d’une soirée elle m’avait un peu raconté ce que c’était que la musique classique vu de l’intérieur, étant ignare en la matière. Enfin évidemment comme tout le monde j’aime certains morceaux, mais je ne suis pas foutu de les reconnaître, de savoir à quoi sert un chef d’orchestre si ce n’est à gesticuler, et encore moins où placer une clé de sol.

 

 

J’ai donc profité de l’occasion pour aller m’initier. Evidemment, je suis arrivé en retard, ce qui fait que je me suis posé aussi discrètement que possible au moment où les musiciens réglaient leurs instruments. Et tout d’un coup, plus un seul bruit dans la salle. Pas un mot, pas une conversation, pas une sonnerie de téléphone, pas une quinte de toux, rien. Cinq cents personnes en silence. C’est impressionnant et inhabituel.

 

 

Tout d’un coup une centaine de personnes sur scène se sont mises à jouer sous les ordres du chef d’orchestre. Ce qui m’a le plus époustouflé, c’était le spectacle autant visuel que sonore. C’était vraiment étonnant de voir la coordination militaire des mouvements de chaque corps d’instruments, les archers synchronisés, un œil sur la partition et l’autre sur le chef d’orchestre. Les musiciens bougent, dressent leurs archers et ondulent comme le ferait un champ d’algues au fond de la mer au gré des courants, vraiment esthétique.

 

 

Le concert dure un peu plus d’une heure et m’a fait frissonner. On se laisse vraiment bercer et envahir par la musique. A la fin du concert, le chef d’orchestre, probablement le seul artiste au monde à tourner le dos à son public salue une bonne trentaine de fois, sort de la scène, revient, serre la main à quelques musiciens, les fait tous lever, il ressort, ils se rassoient, il revient, ressert la main des mêmes musiciens, refait lever tout le monde et recommence, le tout sous le tonnerre d’applaudissements du public (qui a assez rapidement mal aux mains&hellip.

 

 

Une fois les lumières rallumées, j’observe que l’assistance n’est pas seulement composée de personnes âgées comme je m’y attendais, mais de jeunes, de moins jeunes et de vachement moins jeunes aussi. Tout le monde est bien habillé, avec chemise et veste de costard, quelques cravates aussi accompagnent les robes de ces dames.

 

 

Heureusement, j’avais posé la question de la tenue vestimentaire avant et je m’étais habillé en conséquence. Ca contraste pas mal avec le concert de Placebo où j’ai mis mes plus belles frusques, histoire que si on me crame une manche à coups de mégots de cigarette ou qu’on m’arrose de houblon joyeux, ca ne soit pas trop dommage.

 

 

Une fois sorti de la salle dans le grand hall du BFM, je vous quelques têtes connues, dont le copain de la copine 1er violon. Quelques minutes plus tard, tous les musiciens apparaissent à leur tour.

 

 

Au cours de notre conversation, la demoiselle m’avait expliqué qu’après les concerts, elle aimait parler de la prestation avec ses amis musiciens, parce qu’eux seuls savent vraiment de quoi ils parlent, mais que ca lui faisait très plaisir de papoter sur le ressenti des gens.

 

 

En tant qu’ignare en chef, j’allais pas lui parler technique. J’avais vraiment été transporté. En arrivant vers nous elle nous salue, nous remercie d’être venue, et écoute avec intérêt les félicitations et autres commentaires émerveillés de ses amis.

 

 

‘Oui il y avait quand même pas mal de trucs qui ne sont pas allé’

 

 

Question ressenti, j’ai été servi ! Moi qui avait trouvé ca si beau…

 

 

 

 

Humeur : à quand Placebo au BFM ?

1 Commentaire 27.11.06 00:32, Commenter